Cheveux : comment des camerounaises deviennent indiennes

Publié le par Ebongue Michele

Cheveux : comment des camerounaises deviennent indiennes
  1. frères de Teri Kasam font le porte-à- porte à Douala pour vendre les produits de chez eux. Parmi ces produits, des huiles miraculeuses qui rendent les cheveux aussi longs que les leurs.
  2. Il y a quelques jours, une commerçante d’un autre genre est venue me présenter sa marchandise. Comme toute personne polie, je l’ai invitée à s’asseoir. Elle a alors directement commencé à déballer son sac. Celle-ci présentait les produits de chez elle, l’Inde. Toute confiante et rassurante malgré la difficulté qu’elle a à s’exprimer en français, elle se lance dans la présentation des produits. Elle faisait exactement comme nos commerciaux. Plus les gens s’approchaient, plus elle sortait la marchandise et la tendait vers les curieux (en fait je l’ai reçu dans la boutique du coin. Vous comprenez donc pourquoi les gens s’y intéressaient). Elle présente trois produits dont l’un a pour rôle de stopper les maux de tête, le mal de nerfs et bien d’autres maux liés au stress. Les deux autres par contre sont mis ensemble pour lutter contre les chutes de cheveux, la calvitie. Bref, favorisent la poussée de cheveux.

    Pour donner du poids à ses produits et mettre la population en confiance, sans gène, la commerçante applique le liquide qui lutte contre les maux liés au stress sur un curieux. C’est le début du massage. En fait, le plus intéressant n’est pas le massage, mais plutôt la personne qui l’applique. Le monsieur se faisait masser gratuitement par une blanche. Même s’il semblait s’en foutre, je pouvais quand même voir ce léger sourire de réjouissance sur ses lèvres. En plus, c’était la première fois qu’on lui administrait ce type de soin, il se croyait dans un centre spécialisé. Sauf qu’ici, le massage était gratuit et appliqué par les mains d’une asiatique dont l’expertise reste à définir. En plus d’être appliqué sur le coup, les épaules et une partie du dos, le produit devait aussi être humé. Finalement le « Gensen » version indienne soigne tout, comme celui de chez nous.

    Quelques minutes plus tard, « la masseuse professionnelle » sort un autre produit. Lui aussi est issu des plantes d’Inde. Sauf que celui-ci fait pousser les cheveux. L’image sur le flacon donne toutes les informations nécessaires. L’image de la femme ayant des cheveux jusqu’aux fesses est l’exemple que prend la commerciale. « Si vous utilisez ce produit, vos cheveux seront semblables à ceux de la dame sur la photo », argue-t-elle. « Donc nos cheveux seront comme pour les indiens» ? Lui demandais-je. « Oui, vos cheveux seront longs, ne vont plus se casser et vous n’aurez même plus de chutes», dit-elle avec un français difficile à comprendre. En passant, je n’ai pas de chute de cheveux hein, c’était juste une façon de dire que les camerounaises ne souffriront plus de ces maux. Contrairement à ce que vous pourrez croire, le produit n’est pas que destiné aux femmes. « For men and women » est inscrit en rouge sur les flacons en question. Oui, même les hommes peuvent dire adieu à la calvitie. Sauf que personne n’a encore témoigné de l’efficacité du produit. On ne sait donc pas si les effets dudit liquide sont réels. Ça peut faire faire pousser comme ça peut casser les cheveux. Qui sait même si c’est vraiment fait à base de plantes ? D’ailleurs, depuis quand les noirs, les africaines ont de longs cheveux?

    Des prix à la camerounaise

    A vrai dire, je ne sais pas quelle est la contenance du flacon. Mais ce dont je suis sûre c’est que le produit n’est pas fabriqué ici. L’étiquetage en est la preuve. Même si on devrait en douter, le parfum de la commerçante nous en dissuaderait, car elle avait la même odeur que ses produits. Vous savez qu’en général, les asiatiques n’utilisent que leurs produits. Vous comprenez donc pourquoi je le dis. Le parfum-là était plus agressif que le « mentolatum de docta ». Comment nos cheveux ne vont pas pousser?

    Après avoir donné le mode d’emploi, les produits doivent être achetés. Voici alors ce qui m’a fait m’interroger sur l’origine de la dame. « Donner 5.000 FCFA pour les deux produits », lâche-t-elle. Rappelez-vous que le produit qui fait pousser les cheveux se vend en double. Le bénéficiaire du massage propose 1.000FCFA. Je vois ça comme le film. Une différence de 4.000FCFA. La femme assure qu’elle ne peut pas accepter cette somme. Elle propose au monsieur de lui donner 3.000 FCFA au moins. Voulant jouer à l’intéressante, je dis « elle ne connaît même pas le billet de 1.000 FCFA ». C’est alors que la dame me sort le billet bleu comme pour dire qu’elle n’est pas nouvelle. Pour ne pas rendre l’histoire longue, la dame accepte le billet. Soit 500 FCFA pour chaque flacon. Je croyais me trouver dans un bus de l’agence où le Dr Abena le père de l’autre, propose ses services. Mince ! Elle est quittée de 5.000 FCFA à 1.000 FCFA. Ce n’est pas étonnant, elle n’est pas nouvelle en Afrique. Elle et ses frères parcourent les pays d’Afrique depuis un bon bout déjà, pour faire connaitre leurs produits. Ce sont entre autre le Cameroun, le Gabon, la RDC et la Guinée Equatoriale. Une façon de tâter le terrain pour s’implanter comme l’ont fait les chinois. Pour donc avoir les cheveux de Pavarotti(célèbre actrice indienne) il faut débourser la minable somme de 1.000 FCFA ? Voilà, j’ai fait mon choix. Je n’achète plus jamais les cheveux indiens. Maintenant, c’est moi qui suis indienne. Afin je parle des cheveux. En plus je dépense moins. 1.000 FCFA au lieu de 150.000 FCFA, prix de boutique. C’est vrai qu’au marché on peut les avoir à 20.000 FCFA hein. Jusque là, je préfère mon « Gensen » made in India. Plus économique et riche en vertu comme l’autre. Elle et ses frères parcourent alors les pays d’Afrique pour faire connaitre leurs produits. Une façon de tâter le terrain pour s’implanter comme l’ont fait les Chinois. Ce sont entre autre le Cameroun, le Gabon, la RDC et la Guinée Equatoriale. Donc pour avoir les cheveux de Pavarotti (célèbre actrice indienne) il faut débourser la minable somme de 1.000 FCFA ? Voilà, j’ai fait mon choix. Je n’achète plus jamais les cheveux indiens. Maintenant, c’est moi qui suis indienne. Afin je parle des cheveux. En plus je dépense moins. 1.000FCFA au lieu de 100.000 FCFA, prix de boutique. C’est vrai qu’au marché on peut les avoir à 20.000 FCFA hein. Jusque là, je préfère mon « Gensen » made in India. Plus économique et riche en vertu comme l’autre. Même si c’est du faux, j’essaie d’abord. Je veux aussi être comme Pavarotti.

    Michèle Ebongue

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