Crise anglophone : ADISI-Cameroun sort de sa réserve

Publié le par Ebongue Michele

Crise anglophone : ADISI-Cameroun sort de sa réserve

L’Association pour le Développement Intégré et la Solidarité International (Adisi-Cameroun) dénonce les mesures prises par le gouvernement pour décanter la situation qui prévaut dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun.

"Déclaration de l’Adisi-Cameroun sur les violations du droit à l’information des citoyens et de la liberté de presse par le gouvernement camerounais" est l’intitulé du document. Après la récente sortie du Snjc (Syndicat National des journalistes du Cameroun), c’est le tour de cette autre association de faire une déclaration sur ces événements qui ravivent la toile et les journaux camerounais. Il s’agit notamment de la crise socio-politique désormais qualifiée de "problème anglophone et/ou de crise anglophone", comme le souligne bien Paul-Joël Kamtchang, secrétaire exécutif d’Adisi-Cameroun.

Pour ce dernier, cette situation qui prévaut depuis novembre 2016 ne cesse d’évoluer. Une évolution qui met malencontreusement les activités économiques en péril, qui empêche le mouvement des hommes (villes mortes) et atteint à l’intégrité physique et morale visant parfois des enfants, lit-on dans le document. Dans le but de contrôler et de faire taire la population de ces deux régions (Sud-Ouest et Nord-Ouest), le gouvernement les a coupés du réseau internet. A cet effet, ni les images, ni les nouvelles en provenance de cette partie du pays ne feront plus le tour du monde.

De plus, les internautes des huit autres régions sont mis en garde sur leur publication et autres informations relayées sur le même support. Et évidemment, les journalistes ne sont pas en reste. Ils ont été sommés de ne plus faire l’apologie du fédéralisme et de la récession, de peur d’être suspendu ou de voir leur entreprise fermer définitivement. Une véritable violation à la liberté. C’est pourquoi Adisi indique que le président du Conseil National de la Communication (CNC) qui est par ailleurs l’auteur de cette mise en garde se rend complice de violation grave et flagrante du droit des citoyens à l'information et de la liberté de presse.

Pour cette association, Peter Essoka, président du CNC met en mal la démocratie. "Une vraie incongruité qui cache mal le vœu de museler les citoyens et la presse", indique le secrétaire exécutif d'Adisi. "Tout en les privant sur ces entrefaites, de l’exercice de leurs opinions sur la marche de leur cité alors que le Cameroun est un Etat décentralisé", a-t-il continué. C’est à cet effet qu’Adisi appelle à l’arrêt de la manipulation de l’information, au respect du droit du citoyen à l’information de qualité, au respect de la liberté de ton des médias privés et au rétablissement dans les meilleurs délais et sans condition, les communications électroniques dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mais il appelle aussi et surtout les citoyens à défendre leur droit et attire l’attention des journalistes sur les risques qui pèsent sur leur métier.

Michèle Ebongue

Publié dans société

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