Opinion :Le Ngouon divise ses enfants

Publié le par Ebongue Michele

Opinion :Le Ngouon divise ses enfants

Dans un document  parvenu a notre rédaction,  le Dr Adamou Ndam Njoya,  Maire de la Commune de Foumban explique pourquoi il est constamment absent lors des festivités du Ngouon.

Selon le Dr Adamou Ndam Njoya, maire de la commune de Foumban (dans la région de l’Ouest Cameroun) et par ailleurs président national de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC), le Ngouon fait désormais fi de son essence. Pour lui, cette fête qui célèbre le peuple bamoun s’est éloignée de sa vocation.

Dans  le document parvenu à notre rédaction, le Dr Adamou Ndam Njoya indique que le Ngouon est devenu un cadre des manifestations festives simples sans ses rites, sans son âme aux apports enrichissants, éducatifs pour toutes les populations. Pourtant, l’arrivée  de cette fête était l’occasion pour ce peuple des Grassfields d’évaluer les couacs et les réussites de la société. Un moment de grands déballages et des jugements des actes posés par  toutes les autorités, depuis le village jusqu’au sommet du royaume. Mais c’était aussi  l’occasion de présenter la situation économique de l’apport des produits collectés en vue de la redistribution, du partage, des investissements et du stockage pour faire face aux périodes des vaches maigres. C’est ainsi que le Dr Adamou Ndam Njoya peut dire  qu’"il est question de revenir à la profonde essence du Ngouon en commençant par se pencher, comme cela se veut, afin  d’apporter des solutions sur les actes posés et les problèmes créés, après la mort du Sultan Seidou Njoya Njimoluh. Écartant ainsi la très grande majorité des bamouns de cette institution ancestrale".

C’est ainsi que contrairement à l’appel de l’essence de Ngouon, c’est la multiplication des actes de destructions  et  des  divisions qui se font ressentir sur le terrain. Du coup, le non respect de cet essence se manifeste à travers des actes concrets où  les autorités traditionnelles suscitent les divisions entre les fils et les filles à la mort du Chef de famille. Mais aussi des actes aboutissant à des blessures, des souffrances, des pertes de vies humaines et des traumatismes. "Ceci grâce à des complicités de certaines autorités administratives oubliant leur mission de servir la République et d’appliquer les lois de la République dans l’intérêt général", révèle le document. C’est ainsi pour conclure, le maire de la commune de Foumban fulmine qu’"on va au Ngouon avec le cœur net, la conscience tranquille, l’âme en paix et dans toute son ouverture éclairante". Ceci dans le but de redécouvrir, vivre et faire vivre l’éthique des Pères Fondateurs, pour se purifier et se nourrir des valeurs humaines que distille son essence en vue de la mobilisation individuelle et collective. En rappel, le Nguon 2016 s’est déroulé du dimanche 4 décembre au dimanche 11du même mois, soit une durée de festivité de 8 jours, et bien évidemment sans la présence  d’Adamou Ndam Njoya, pourtant maire de la commune de Foumban.

Michèle Ebongue

Publié dans culture

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