Endettement : Déjà 4.750 milliards FCFA de dette accumulée par le gouvernement

Publié le par Ebongue Michele

Endettement : Déjà 4.750 milliards FCFA de dette accumulée par le gouvernement

Un chiffre rendu publique par le Comité National de la Dette Publique à juillet 2016. Une dette contractée dans le cadre du programme des « des grandes réalisations ». Pour autant, le seuil critique n’a pas encore été atteint.

Dans le cadre des projets structurants initiés par le Président de la République Paul Biya dès le début du septennat en cours, le Cameroun ne cesse de s’endetter. Ces dettes selon le gouvernement de Yaoundé, ont pour but de porter à réalisation lesdits projets. Un plan stratégique qui vise ainsi au développement du pays sur le long terme apprend-on par la large documentation conçue à cet effet par le Ministère camerounais de l’économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT).

En effet, c’est au lendemain de sa réélection à la magistrature suprême en 2011, que le chef de l’Etat camerounais a promis de transformer le pays en un vaste chantier. Une promesse qui porte le nom de « grandes réalisations ». Elle a été faite dans une adresse à la Nation et dont l’horizon a été fixé en 2035. C’est ainsi que depuis 2012, ces projets sont majoritairement portés sur des réalisations portuaires, industrielles, minières, énergétiques et routières. Ces projets sont par ailleurs soutenus par ce qu’on appelle à Yaoundé, les plans d’urgence certains étant concentré dans la partie septentrionale du pays en vue de résoudre le problème économique posé par Boko Haram qu’est la pauvreté.

Au rang des projets dits structurants, on peut citer à la pelle, l’exécutions de projets infrastructurels tels que le Port en eau profonde de Kribi; la construction de l’usine de fabrication d’engrais chimique et l’usine d’électrolyse d’aluminium de Kribi (projets industriels) dans le Sud du pays. L’exploitation du gisement du fer de Mbalam à l’Est du pays, l’exploitation du cobalt, du nickel et du manganèse à Nkamouna (projets miniers). En ce qui concerne les projets énergétiques, ce sont entre autres les barrages de Lom Pangar, de Memve’ele, de Nachigal etc. C’est ainsi que chacun des projets nécessite des prêts entrainant ainsi une succession d’endettements. Du coup, le montant de la dette publique enregistré en juillet 2016 est de 4.750milliards de francs CFA. Des chiffres qu’a rendu public le Comité National de la Dette Publique(CNDP).

Selon la Caisse Autonome d’Amortissement(CAA), la dette publique et la garantie publique est estimée à 4.606 milliards de francs CFA, soit environ 27,5% du PIB. Tandis que l’encours de la dette publique du Cameroun qui date de la fin du premier trimestre de 2016 est évalué à 4.502 milliards de FCFA, notamment 26,8% du Pib. Il se compose ainsi de 77,3% de dette extérieure, soit 3.480 milliards de FCFA et 22,7% de dette intérieure, soit 1.023 milliards de FCFA. Il est par conséquent en diminution de 2,5% par rapport au trimestre précédent et en augmentation de 16,9% en glissement annuel. Quant à l’encours de la dette extérieure, il se compose de 29,2% de dette multilatérale représentant 1.015 milliards de FCFA, de 49% de dette bilatérale représentant 1.706 milliards de FCFA et de 21,8% de dette commerciale équivalant à 759 milliards de FCFA.

Par ailleurs, il convient d’indiquer que cet encours est demeuré stable en glissement trimestriel, mais a augmenté de 23,9% en glissement annuel. Ce qui s’explique principalement par l’appréciation du cours du Dollar US par rapport au FCFA et l’augmentation de la part de la dette commerciale de près de 479,6%. En ce qui concerne l’encours de la dette intérieure, il se compose de 28,6% de titres publics correspondant à 292 milliards de FCFA. 60,4% de dette structurée correspondant à 618 milliards de FCFA et de 11% de dette non structurée, représentant 113 milliards de FCFA.

Il a ainsi enregistré une baisse de 10,2 % par rapport au trimestre précédent et de 5% par rapport au 31 mars 2015. Le service de la dette extérieure a alors augmenté de 16,3 milliards de FCFA, comme nous l’indique la CAA.

Michèle Ebongue

Publié dans économie

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