Enfants de la rue : un danger pour tout le monde?

Publié le par Ebongue Michele

Enfants de la rue : un danger pour tout le monde?

La prétendue cohabitation entre ces derniers et les commerçants situés aux alentours de leurs lieux d’opérations épargne ceux-ci des agressions.

Boulangeries, supermarchés, centres commerciaux et casinos sont des espaces où les enfants de la rue passent la majeure partie de leur temps. Généralement confondus aux vigiles au vu du port de chasubles et à leur stationnement à l’entrée des dits espaces, ces enfants en situations de rue parcourent ainsi ces lieux dans le but d’avoir le pain quotidien. Ceci peu importe les actes qu’ils devront poser.

Très souvent cachés dans le noir, ces jeunes gens n’hésitent pas à dicter leur loi dans les rues de la ville de Douala. Selon certaines indiscrétions, la consommation d’alcool, de tabac, de chanvre indien et de bien d’autres stupéfiants font d’eux les maitres des lieux. C’est pourquoi ces espaces de commerces et salles de jeux très prisés en soirée deviennent de véritables lieux d’agressions la nuit tombée.

À en croire certains témoignages, l’accoutrement de ces derniers ne les définit plus. Surtout que l’on rencontre de plus en plus ceux dont l’aspect est très soigné. Pourtant il y a quelques années, seul le vestimentaire des "Nanga boko"(appellation commune des enfants de la rue Ndlr) faisait d’eux des personnes suspectes et peu fréquentables. D’une allure négligée, fétide et agressive, ces jeunes gens semaient la terreur juste au croisement de leur regard. Situation qui a d’ailleurs quelque peu changé, nous confie certains tenanciers de call-box. Cependant, tous ne sont de nature bagarreur "Il y a deux types d’enfants de la rue. Les agressifs et les dociles", nous renseigne Suzanne Titi, call-boxeuse située au boulevard de la liberté à Douala. Pour elle, ces jeunes qui ont abandonné leur domicile familial pour la rue ne sont pas tous des truands. Ceux qu’elle côtoie sont plutôt dociles, facile à vivre et font même de petites affaires pour subvenir à leurs besoins. C’est ainsi qu’au besoin, elle n’hésite pas à leur demander un service "je les commissionne de temps en temps et il n’y a jamais eu de manque. Ni de marchandise, ni d’argent", rapporte notre interlocuteur. Quoique des activités telles que le lavage et gardiennage de voiture, la manche et des pratiques peu recommandables auxquelles ces derniers se livrent très souvent font parti de leur quotidien.

Comme Suzanne Titi, Pierre Eyengue, vendeur de fruits installé non loin d’une boulangerie et habitué aux enfants de la rue confie que ceux qu’il côtoie aussi n’agressent pas. Pour lui, les clients de la boulangerie sont en sécurité. Surtout que celle-ci embauche ces jeunes gens en temps qu’agents de sécurité. D’où l’obligation pour eux de protéger la clientèle et de restituer l’ordre dans ce secteur qui est le leur. Témoignage que ne semble pas admettre certains riverains qui avouent être victimes d’agressions physiques ou verbales dans ce "site" ou aux alentours. "J’ai été agressée à mainte reprise ici", admet une passante. "Dès fois c’est à une promesse d’agression que tu as affaire", a-t-elle ajoutée.

Selon certains commerçants du quartier Akwa situé dans le 1er arrondissement de la ville de Douala, à chaque carrefour son type d’enfants de la rue. Ceci sans distinction de sexe. Sauf que les filles sont peu nombreuses que les garçons, apprend-on.

Michèle Ebonguè

Publié dans société

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